Le Sang des Pères

Pierre Luciani

Ecrit au cordeau, ce roman à la beauté froide bien qu’empreinte de nostalgie, s’engouffre dans la psyché humaine avec une volonté féroce, presque cynique, de ne jamais nous en faire sortir.

Entre vengeance et rédemption, les personnages se débattent, rongés par « la cirrhose de l’âme », expression chère à Jim Thompson, tout en se révélant profondément humains dans leur mise à distance assumée de tout sentiment et dans le souvenir poignant de leur paradis perdu. Ecrit sous la forme d’un double flux de conscience, celui d’un père et de son fils, ce dialogue extratemporel d’une vie à une autre est une plongée impitoyable dans le noir absolu. De l’injustice aveugle d’un amour écrasé nait une folie vengeresse, organisée et méticuleuse, qui mènera les personnages jusqu’au bout de l’horreur.

Glaçant comme la morsure d’une lame, torride comme un baiser de Rita Hayworth, ce texte implacable est le paradoxe réussi d’une écriture « à l’os » qui tour à tour affame et nourrit.

Le sang des pères interroge le monstre qui veille en chacun de nous jusqu’à nous en faire redouter le réveil un jour. C’est également une réflexion sur le pouvoir rédempteur de l’écriture, des mots qui réparent et tiennent à distance l’ennemi, malgré notre fascination pour l’obscur.

Format 13X19 - 422 pages - 18€

 

 

 

Extrait du roman Le Sang des Pères pages 322 et 323

Maman, Papa, Louise et Moi

Audrey Harel-Casanove

Collection Libres Cours

"Je suis grande, je viens d’avoir quinze ans.

C’est passé inaperçu parce Maman, qui aurait dû préparer une fête pour l’occasion, n’est pas là. Elle m’avait promis que mes quinze ans seraient un moment spécial. Qu’on ferait quelque chose jamais fait encore. Juste elle et moi.

Que ce jour deviendrait le meilleur des souvenirs.

Je ne saurai jamais ce qu’elle avait prévu pour moi. Ce qu’elle aurait fait de cette journée d’avril 1995."

Photo : Dmitry Laudin

Format 13X19 144 pages 14€

Pelo et Lua

Philippe Moncho

Collection Libres Cours

"Théo écrit, pense, fume, colore ses souvenirs de touches nouvelles.

Il ne sait pas, ne sait plus, si c’est Alice qui est partie, si c’est lui, si c’est l’amour.

Une porte est entrouverte, il rentre et sort comme un courant d’air, arpente le corridor qui mène au dernier chapitre, déchire de plus en plus de pages.

Dehors, les voitures descendent le fleuve lumineux. Parmi elles un taxi emmène Lua.

Dans un bar de l’avenue, Pelo tente de boire l’Atlantique.

On n’achève pas une histoire d’amour comme on éteint la lumière.

Pourtant, cette nuit, Théo termine la sienne, le livre devra se refermer."

Illustration : Antoine Buttafoghi

Format 13X19 77 pages 14€